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Table des matiéres

Remerciements, auteurs et membres de l’équipe de projet

Sommaire

Avant-propos

Introduction

Description du contexte entourant les systémes canadiens de santé, d’agriculture et d’agroalimentaire

La nutrition et la santé comme facteurs influençant l’offre et la demande alimentaire au Canada

Les mécanismes d’intervention communs à la santé, à l’agriculture et à l’agroalimentaire

Les cadres stratégiques locaux, nationaux et internationaux communs aux secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la santé

Une approche systémique et pansociale de la stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pour le Canada

La vision à la source de la stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pour le Canada

Une approche pansociale de l’élaboration et de l’application de la politique :
Favoriser la convergence et implanter le changement


Une voie d’avenir

Annexe 1 
Description du contexte des systémes de santé, agricole et agroalimentaire


Annexe 2 
La nutrition et la santé comme facteurs d’offre alimentaire et de demande des consommateurs au Canada


Annexe 3
Apercu des politiques les plus courantes liées à la fois à la santé, à l’agriculture et à l’agroalimentaire


Annexe 4
changements apportés à la composition des produits agricoles et agroalimentaires et politiques publiques en la matière


Annexe 5
Exemples d’aliments ou de produits agricoles et agroalimentaires cultivés ou fabriqués au Canada qui contiennent des ingrédients fonctionnels offrant des bienfaits pour la santé


Annexe 6
Cadres stratégiques de compétence nationale, provinciale et internationale intégrant l’agriculture, l’agroalimentaire et la santé


Références
   

Une approche pansociale de l’élaboration et de l’application de la politique :
Favoriser la convergence et implanter le changement

Pour orienter l’offre et la demande alimentaire vers des objectifs de santé et d’économie, des changements doivent être apportés à la vie quotidienne des Canadiens et Canadiennes : à la façon dont toute personne, toute famille et toute communauté vit, travaille, consomme, investit et prend soin de ses enfants; à la façon dont chaque établissement d’enseignement et de santé, chaque entreprise médiatique et commerciale produit, promeut, négocie et fournit des biens et des services aux personnes, aux familles et aux communautés; à la façon dont les sociétés de négoce, les marchés de capitaux et les gouvernements maintiennent l’état actuel de la santé et de l’économie, lesquelles façonnent le milieu de vie des personnes, des familles, des communautés et des organismes.177

Ainsi, une grande variété d’intervenants provenant de tous les niveaux de la société doivent agir tout au long de la chaîne de valeur agricole et agroalimentaire afin d’implanter les changements escomptés (Figure 18).178


Figure 18 : Consommateurs et responsables participant à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une politique pansociale. Extrait d’une présentation donnée en 2008 par C. K. Prahalad, lors de l’atelier Global Convergence Building Workshop organisé par la Bill and Melinda Gates Foundation à Montréal. Adaptation autorisée.


Figure 19 : Une approche pansociale de l’élaboration de la politique. Extrait d’une présentation donnée en 2008 par C. K. Prahalad, lors de l’atelier Global Convergence Building Workshop organisé par la Bill and Melinda Gates Foundation à Montréal. Adaptation autorisée.

Les multiples intervenants participant à l’élaboration de la politique

Pour concrétiser une approche pansociale de l’élaboration et de l’application d’une stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire, le gouvernement devra, comme jamais auparavant, assumer divers rôles. Il lui faudra être le « commandant en chef », celui qui impose des règlements obligatoires définissant les limites et les règles que les consommateurs et tous les intervenants doivent respecter. Il doit aussi être le fournisseur des biens et services publics, le responsable des ressources publiques et le partenaire dans les divers projets de collaboration avec les autres autorités, entreprises et organisations de la société civile (Figure 19).179

Pour arriver à une approche pansociale, il faut d’abord adopter des approches qui impliquent l’ensemble du gouvernement – ou une coalition – et qui accordent le même pouvoir décisionnel aux sphères potentiellement conflictuelles ou synergiques (sphères de la santé, de l’agriculture et de l’agroalimentaire, dans le cas présent) afin de favoriser leur intégration lors de l’élaboration et de l’application de la politique. Cette action pangouvernementale doit prendre en compte le besoin des gouvernements d’intervenir à plusieurs niveaux en situation de compétence partagée, ce qui est le cas pour les enjeux de santé, d’agriculture et d’agroalimentaire. Il est primordial que le gouvernement agisse à titre de coordonnateur pour assurer la gouvernance et la surveillance de la politique; il pourra aussi s’avérer utile d’avoir recours à un groupe de stratégie ou à d’autres mécanismes, comme des conseils formés à différents paliers de gouvernement.

Il est évident que, pour surmonter la complexité qui surgit à l’intersection de la santé, de l’agriculture et de l’agroalimentaire, une approche pangouvernementale et fondée sur des principes ne suffira pas à élaborer et à appliquer une politique. Le succès d’une stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire dépend essentiellement des actions entreprises à tous les niveaux décisionnels et exige que les consommateurs et une multitude d’intervenants passent à l’action. Toutes ces personnes doivent investir leurs ressources et leurs compétences dans la stratégie, ce qui génère autant de défis que de possibilités. Les défis consistent à unir judicieusement le rôle, le contexte et l’évaluation (p. ex. déterminer lorsqu’il convient d’appliquer des règles obligatoires pour le bien public et la protection des consommateurs et quand il convient plutôt d’adopter des approches basées sur la participation et la confiance). Les possibilités résident au cœur du pouvoir de créativité et de la détermination de tous les intervenants. Si le statu quo ne fonctionne pas ou qu’une infraction est commise entre des structures ou au sein d’une même structure, il faudra alors solliciter une nouvelle analyse. Celle-ci débouchera sur une communication efficace et la formation de nouveaux partenariats, qui ouvriront des horizons jusqu’alors inexplorés et qui valent la peine qu’on s’y investisse.

Le concept de la Plateforme mondiale de McGill en matière d’ententes pansociales pour favoriser la convergence et l’action sur le terrain

La Plateforme mondiale de McGill pour une meilleure convergence entre la santé et l’économie (PMM) a mis sur pied un processus et une approche en vue d’élaborer une politique pansociale, à l’aide des ententes pansociales suivantes :

  • Insister fortement sur les résultats visés par les leviers de changement qui forment une stratégie;
  • Réunir autour de chaque levier un réseau d’intervenants clés provenant d’organismes publics, d’entreprises et de la société civile qui forment des groupes de stratégie favorisant l’innovation et l’action sur le terrain. Les intervenants invités à participer doivent être déterminés à investir non seulement temps et savoir-faire mais aussi les compétences essentielles et les ressources financières ou matérielles pour modeler et optimiser le plan d’action nécessaire à l’atteinte de l’objectif fixé par les ententes pour chaque levier de changement; et
  • Rassembler tous les réseaux en une entente pansociale, soutenue par une plateforme servant au partage de l’information, à la recherche et à la mise en valeur du potentiel.

Le concept de l’entente pansociale de la PMM a plusieurs caractéristiques en commun avec les alliances stratégiques qui sont devenues pratique courante dans les entreprises commerciales tout au long des chaînes de valeur. Ces alliances d’affaires stratégiques ont été conçues comme des compléments des activités et des stratégies d’affaires respectives et mettent les compétences et les ressources au service d’initiatives spécifiques qui poursuivent les objectifs et la mission de chaque entreprise partenaire et de l’alliance dans son ensemble. Par exemple, les groupes d’entreprises ayant formulé l’engagement de réduire la publicité auprès des enfants constituent une telle alliance. Les ententes pansociales de la PMM présentent aussi des ressemblances avec les vastes groupes d’experts multilatéraux qui ont reçu le mandat d’élaborer des stratégies intégrées. Par exemple, la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer et la Stratégie canadienne de santé cardiovasculaire sont des regroupements de divers intervenants qui ont recruté d’autres participants au niveau provincial, national ou international pour créer de vastes stratégies intégratives et des plans d’action à long terme.

La vision qu’a la PMM de l’entente pansociale diffère de celle des autres approches dans la mesure où elle adopte les principes de responsabilité sociale des entreprises et une forme créative et inclusive de capitalisme. En vertu de cette vision, l’altruisme et l’économie servent des questions de santé et d’économie de façon holistique, organique, maximisant l’efficacité et privilégiant la qualité de vie sans perdre de vue le souci de la rentabilité. Les ententes de la PMM s’appuient sur un modèle présenté par le réputé stratège commercial C.K. Prahalad lors de l’atelier de 2008 organisé par la Gates Foundation et la PMM intitulé « From crisis to convergence: Green Revolution 2.5 » [De la crise à la convergence : La révolution verte 2.5]. Les ententes de la PMM sont guidées par un ensemble de principes de convergence, dont l’équité au sein de la société et de la santé, l’orientation sociétale et l’orientation commerciale, la gestion de risque et la résilience sociétales et commerciales, la viabilité économique et la viabilité environnementale, l’équilibre et l’adaptabilité local-mondial (Figure 20).180


Figure 20 : Convergence des ententes pansociales selon la PMM. Extrait d’une présentation donnée en 2008 par C. K. Prahalad, lors de l’atelier Global Convergence Building Workshop organisé par la Bill and Melinda Gates Foundation à Montréal. Adaptation autorisée.

Pour implanter le changement sur le terrain, la convergence des réseaux locaux, nationaux et internationaux pourrait s’inspirer de divers modèles d’entreprises, dont :
  1. Action collective populaire des communautés : réseaux formés pour la défense des droits, la modification de politiques ou l’innovation et l’action collective, où se tiennent des séances d’information et des plateformes collaboratives.
  2. Entreprises sociales : initiative du prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, l’entreprise sociale est structurée et dirigée comme une entreprise commerciale. Elle offre des produits, des services et une technologie qui concourent à la santé et au bien-être de tous, traite avec des clients et des marchés, génère des dépenses et des revenus. Par contre, le principe de maximisation du profit d’entreprise est remplacé par le principe de maximisation du bien commun.
  3. Entreprises créatives et inclusives à but lucratif : initiatives qui adoptent des pratiques favorisant la santé et luttant contre la pauvreté en exerçant diverses fonctions commerciales stratégiques dans le but de créer de la valeur pour la société tout en créant de la valeur pour l’entreprise. Cela peut comprendre la progression graduelle de l’innovation en matière de produits, de services et de technologies, la promotion de causes sociales et le marketing social, la gestion des ressources humaines et de la chaîne d’approvisionnement. Ces objectifs peuvent être réalisés par des entreprises à but lucratif seules ou par des alliances avec des partenaires du secteur commercial, social ou gouvernemental.

Poursuivre l’élaboration de la Stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire à l’aide d’ententes pansociales visant la convergence et l’action sur le terrain

En conclusion, chaque levier de changement proposé dans ce document de travail procède des cadres stratégiques actuels en matière de réglementation et d’économie, des approches de la santé de la population, des initiatives de sensibilisation et des recherches et découvertes en cours au Canada. Le concept d’ententes pansociales de la PMM est proposé sous forme de processus que les défenseurs de l’approche pansociale pourraient utiliser pour peaufiner les leviers de changement grâce aux modèles d’entreprises novateurs :

  • en réunissant autour de chaque levier un réseau d’intervenants clés provenant d’organismes publics, d’entreprises et de la société civile qui forment des groupes de stratégie favorisant l’innovation et l’action sur le terrain;
  • en fixant, pour chaque levier de changement, des objectifs qui seront ensuite évalués et qui formeront la stratégie intégrée.

L’ensemble de ces actions pourra servir de fondement à la Stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire qui se traduira par une meilleure santé et des avantages économiques pour la population canadienne.


Figure 21 : Vers une stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pour le Canada.

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