![]() |
| Accueil | À propos | Publications | Événements | Nous joindre | Nouvelles | English |
>>
Téléchargement
une PDF Table des matiéres Remerciements, auteurs et membres de l’équipe de projet Sommaire Avant-propos Introduction Description du contexte entourant les systémes canadiens de santé, d’agriculture et d’agroalimentaire La nutrition et la santé comme facteurs influençant l’offre et la demande alimentaire au Canada Les mécanismes d’intervention communs à la santé, à l’agriculture et à l’agroalimentaire Les cadres stratégiques locaux, nationaux et internationaux communs aux secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la santé Une approche systémique et pansociale de la stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pour le Canada La vision à la source de la stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pour le Canada Une approche pansociale de l’élaboration et de l’application de la politique : Favoriser la convergence et implanter le changement Une voie d’avenir Annexe 1 Description du contexte des systémes de santé, agricole et agroalimentaire Annexe 2 La nutrition et la santé comme facteurs d’offre alimentaire et de demande des consommateurs au Canada Annexe 3 Apercu des politiques les plus courantes liées à la fois à la santé, à l’agriculture et à l’agroalimentaire Annexe 4 changements apportés à la composition des produits agricoles et agroalimentaires et politiques publiques en la matière Annexe 5 Exemples d’aliments ou de produits agricoles et agroalimentaires cultivés ou fabriqués au Canada qui contiennent des ingrédients fonctionnels offrant des bienfaits pour la santé Annexe 6 Cadres stratégiques de compétence nationale, provinciale et internationale intégrant l’agriculture, l’agroalimentaire et la santé Références |
La vision à la source de la stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pour le CanadaLes chapitres précédents de ce document de travail traitaient de différentes questions qui doivent être prises en compte lors de la mise sur pied d’une stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire : (1) la situation actuelle des secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’agroalimentaire; (2) le cadre et les stratégies politiques actuels communs à la santé, à l’agriculture et à l’agroalimentaire; (3) les différents mécanismes d’intervention qui sont ou qui pourraient être utilisés afin d’améliorer la question de la santé, de l’agriculture et de l’agroalimentaire; et (4) l’importance d’adopter une perspective systémique, qui prend en compte le rôle crucial et croissant des chaînes de valeur locale et mondiale. En se basant sur cette analyse, ce document de travail propose une vision à la source de la stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pour le Canada. La vision à la source de la stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pour le CanadaLa vision proposée consiste à « améliorer le mieux-être des Canadiens et des Canadiennes en leur offrant des aliments salubres, nutritifs et accessibles qui contribuent à une saine alimentation, qui contient les coûts des soins de santé et qui est promue par les secteurs innovateurs et durables de l’agriculture, de l’alimentation et de la santé » (Figure 11). Grâce à cette vision, les Canadiens et les Canadiennes sont gagnants, car ils produisent et consomment des aliments qui contribuent à leur santé, tout en permettant aux entreprises canadiennes du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire d’être plus concurrentielles sur le marché local, national et mondial. Cette vision est soutenue par six piliers : des aliments salubres, des aliments nutritifs, des aliments accessibles, une alimentation saine, l’innovation et la viabilité du secteur. Ces six piliers ont été choisis parce qu’ils représentent les domaines dans lesquels existent déjà des politiques et des initiatives pertinentes en ce qui a trait à une politique intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire. Les principales politiques, initiatives et préoccupations en lien avec chacun de ces six piliers sont brièvement décrites dans les sections qui suivent. Il est à noter que ces six piliers ne fonctionnent pas de façon indépendante.
Ce document de travail propose un ensemble de « leviers de changement » qui servent chacun ou plusieurs de ces piliers et qui ont pour but d’orienter la réflexion et la discussion concernant la mise sur pied ultérieure d’une stratégie par les leaders du milieu. Ces leviers de changement combinent une sélection de changements à court et à long terme qui peuvent mener à d’importantes améliorations à la fois en santé, en agriculture et en agroalimentaire. Il est important de savoir que, jusqu’ici, ni la sélection ni les initiatives suggérées pour chacun des leviers de changement n’ont été soumis à un processus ayant pour but d’arriver à un consensus. On prévoit que ces leviers de changement créeraient une structure qui stimulerait l’engagement et l’action des consommateurs du secteur privé, de la société civile, de la santé publique et des ministères de l’agriculture et de l’agroalimentaire au niveau municipal, provincial, territorial, national et mondial. Cette mobilisation de la société tout entière transformerait les leviers en un ensemble d’initiatives concrètes et ciblées menant à un système novateur plus englobant et efficace. Ce système novateur s’étendrait des laboratoires jusqu’à la mise en marché des produits. Des interventions seraient effectuées à tous les niveaux, des fermes jusqu’aux magasins d’alimentation de détail, ainsi que chez les professionnels de la santé et les consommateurs. Cela permettrait la mise en place et la promotion de nourriture salubre, nutritive, accessible (économiquement et physiquement), qui pourrait être consommée par tous et qui contribuerait à une alimentation saine. On estime que des actions concrètes autour d’un ensemble de leviers contribueraient à la pérennité économique, environnementale et sociale du Canada et des autres nations, ce qui se traduirait par des résultats quantifiables dans les domaines de la santé et de l’économie. À long terme, ces mesures réduiront les coûts associés aux soins de santé et amélioreront le rendement économique du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire. La salubrité alimentaireLe contexte canadien
Au Canada, le Plan d’action pour assurer la sécurité des produits alimentaires et de consommation et le cadre stratégique Cultivons l’avenir permettent aux gouvernements, à l’industrie et aux consommateurs de travailler de concert afin d’assurer la salubrité des aliments. Un objectif du Plan d’action pour assurer la sécurité des produits alimentaires et de consommation est d’empêcher l’apparition de problèmes reliés à la salubrité des aliments. Les gouvernements, l’industrie et les consommateurs doivent donc savoir reconnaître les occasions où il est nécessaire d’assurer la salubrité des aliments et être prêts à agir, en faisant preuve d’un bon équilibre entre les mesures obligatoires et volontaires. Cela implique aussi que les trois acteurs éliminent les plus grands risques tout au long de la chaîne de valeur, que ce soit à la ferme, dans les usines de transformation, dans les magasins d’alimentation de détail, dans les services de restauration ou à la maison. En vertu du cadre stratégique Cultivons l’avenir, le Canada s’engage à assurer la salubrité alimentaire en apportant des améliorations à la salubrité sur la ferme, en améliorant la salubrité du système alimentaire pour accroître la confiance du marché dans les produits agricoles canadiens et en soutenant la recherche scientifique en matière d’innocuité des aliments. L’équilibre entre les actions posées par le gouvernement et celles posées par l’industrie en ce qui a trait à la salubrité des aliments change avec le temps. Alors que les approches relatives à l’assurance de la salubrité des aliments se basent habituellement sur le recours à la loi, à la réglementation et aux normes, l’industrie dépasse constamment les programmes gouvernementaux en appliquant une variété de programmes volontaires et de normes privées. En effet, avec l’émergence du pouvoir des chaînes de valeur, l’importante augmentation des importations et des exportations d’aliments et d’ingrédients, ainsi que la concentration croissante dans les secteurs de la distribution et de la vente au détail, il convient de se demander si le gouvernement peut demeurer le seul responsable de l’établissement de la réglementation et des normes entourant l’assurance de la salubrité des aliments. Il existe deux coalitions pour l’assurance de la salubrité des aliments qui comptent plusieurs membres. En premier lieu, la Coalition canadienne de la filière alimentaire pour la salubrité des aliments101 a vu le jour en décembre 2000 avec la mission de faciliter « l’élaboration et la mise en œuvre d’une approche nationale concertée pour la salubrité des aliments ». Elle compte parmi ses membres des associations locales, provinciales et nationales qui présentent le point de vue des fournisseurs, des producteurs agricoles, des usines de transformation, des transporteurs, des détaillants et des restaurateurs. Au cours de la dernière année, cette coalition s’est réunie afin de passer en revue les progrès effectués dans l’amélioration de la salubrité des aliments tout au long de la chaîne de valeur et afin de mettre au point des stratégies novatrices ayant pour but de déterminer les actions prioritaires à entreprendre au cours des cinq prochaines années, ainsi que pour définir le rôle de chacun des intervenants. En deuxième lieu, le Partenariat canadien pour la salubrité des aliments102 a été instauré en décembre 1997 par l’industrie, les consommateurs et des organismes gouvernementaux dans le but de coordonner et d’offrir aux consommateurs des programmes de sensibilisation à la salubrité des aliments. Le partenariat compte plus de 50 associations commerciales et organismes gouvernementaux. Le Canada dans le contexte mondial
Étant donné la complexité croissante des chaînes de valeur, tous les intervenants doivent coordonner leurs efforts pour assurer une sécurité alimentaire efficace, englobant l’ensemble de la chaîne de valeur mondiale « de la ferme à la fourchette ». Pour ce faire, il faut intégrer les multiples intervenants et sphères institutionnels – au niveau mondial, régional, national et local, des secteurs public et privé – tout en reliant les trois domaines clés de l’agriculture primaire, de l’agroalimentaire et de la santé. Ce processus qui consiste à assurer la sécurité alimentaire nécessite un important changement de paradigmes puisqu’il oblige le système de sécurité alimentaire contemporain à évoluer pour que d’une simple série de directives, de normes et de règlements visant à réduire les risques, il devienne une toile complexe de normes publiques et privées aux objectifs multiples. Le système de sécurité alimentaire comprend maintenant de multiples sphères institutionnelles : régionales, nationales et internationales. Il s’agit aussi d’un mélange de normes publiques (obligatoires, volontaires) et privées (collectives, individuelles). Les normes d’EUREPGAP régissant les fruits et légumes frais, par exemple, sont nées de l’initiative de 13 détaillants européens en réponse aux dispositions de la loi sur la salubrité des aliments de la Grande-Bretagne105. Par la suite, ce programme est devenu le GLOBALGAP, un organisme du secteur privé qui définit des référentiels sur la base du volontariat pour la certification des produits agricoles et agroalimentaires au niveau mondial. Le référentiel GLOBALGAP, qui fait office de manuel fonctionnel pour la Bonne Pratique Agricole partout dans le monde, est principalement conçu pour informer les consommateurs sur la bonne manière de produire des aliments sur la ferme, c’est-à-dire en réduisant au minimum les impacts nocifs des activités agricoles sur l’environnement, en diminuant l’utilisation des intrants chimiques et en garantissant une approche responsable de la santé et de la sécurité des travailleurs, ainsi que du bien-être des animaux. Une étude menée récemment par le Conseil canadien de l’horticulture106, l’Association canadienne de la distribution de fruits et légumes107, le Conseil canadien des distributeurs en alimentation108 et la Fédération canadienne des épiciers indépendants109 a révélé que des douzaines de normes privées et nationales sont en vigueur dans plusieurs pays desquels le Canada importe des fruits et des légumes. D’autres recherches destinées à comprendre les différences entre les nouveaux référentiels pourraient améliorer la viabilité économique de ce secteur, car elles permettraient d’harmoniser la myriade de référentiels nationaux et privés. Les aliments nutritifsLe contexte canadien
En 2006, le ministère de la Santé a lancé un Groupe d’étude multilatéral112 pour formuler des recommandations sur la façon de réduire les gras trans dans l’approvisionnement alimentaire du Canada. Le groupe d’étude a présenté ses recommandations en juin 2007. Le gouvernement fédéral a alors mis en œuvre un programme en vertu duquel l’industrie continuera de réduire sur une base volontaire la quantité de gras trans dans ses produits. Le gouvernement fera état publiquement des progrès pendant deux ans, après quoi il évaluera si ces progrès sont satisfaisants ou s’il est nécessaire de promulguer des lois. Le secteur agroalimentaire canadien (transformation des aliments) est en bonne position pour agir sur les gras trans (en tant que leader mondial dans la mise au point de nouvelles variantes d’oléagineux). Partout au Canada, plusieurs intervenants ont manifesté leur soutien pour réduire les gras trans parce que : (i) on connaissait bien les effets négatifs de la surconsommation de gras trans sur la santé, (ii) les consommateurs étaient outillés grâce à l’étiquetage nutritionnel pour bien choisir leurs produits en fonction de leur teneur en gras trans et (iii) l’industrie devait répondre à la demande des consommateurs pour des produits plus sains, faibles en gras trans, ce qui s’est traduit par une augmentation des ventes de tels produits. Par ailleurs, des sondages menés récemment aux États-Unis par le Centre for Science in the Public Interest ont indiqué que peu de progrès avaient été réalisés dans la réduction du sel dans les aliments transformés aux États-Unis, malgré les preuves révélant l’effet négatif que le sel a sur la santé113. Les résultats de l’Enquête sur la santé des collectivités canadiennes – nutrition, réalisée en 2004, indiquaient que chez les personnes de 19 à 70 ans, plus de 85 % des hommes et de 60 % des femmes avaient des apports en sodium qui dépassaient la limite supérieure recommandée114. De plus, la publication récente de la Stratégie canadienne de santé cardiovasculaire et plan d’action de même que d’autres stratégies en matière de modes de vie sains menées au Canada indiquent que la réduction de l’apport en sodium constitue un élément essentiel de ces stratégies visant à réduire les maladies du cœur. Ces révélations ont poussé le gouvernement à agir sur cette « défaillance du marché » en promulguant des lois. En 2007, le ministère de la Santé a mis sur pied un Comité d’experts multilatéral pour élaborer une stratégie visant à réduire le sel de la chaîne alimentaire canadienne. Le groupe de travail doit formuler ses recommandations en 2009115. Le Canada dans le contexte mondial
Le Canada continue d’appliquer ces recommandations générales grâce à des initiatives fédérales et provinciales découlant de la Stratégie pancanadienne en matière de modes de vie sains en combinaison avec les initiatives visant à réduire les gras trans dans l’approvisionnement alimentaire et avec les actions entreprises pour réduire de façon similaire le sel dans la chaîne alimentaire canadienne. Une saine alimentationLe contexte canadien
En 2003, le Canada autorisait les premières « allégations de réduction du risque de maladies attribuables au régime alimentaire ». Pour la première fois, la population canadienne avait la chance, grâce à ce type d’allégations, d’apprendre que certains aliments pouvaient réduire le risque de maladie (p. ex. « une alimentation riche en fruits et légumes permet de réduire le risque d’apparition de certains cancers »). Toutefois, le processus d’approbation de ces allégations peut être long en raison du cadre de réglementation actuel116. En 2007, Santé Canada117 a mené une consultation pancanadienne pour discuter d’une « approche modernisée en matière d’allégations santé ». Les opinions sont partagées à ce sujet : d’une part, l’industrie souhaite mettre sur le marché une plus vaste gamme d’aliments portant des allégations santé et d’autre part, les organismes de santé souhaitent mettre de l’avant une alimentation saine en général plutôt que d’apposer des allégations sur des produits en particulier (et spécialement sur des produits que certains jugent « malsains »). Quels que soient les résultats de cette consultation, le processus d’approbation et son rôle dans l’ouverture du marché à des produits novateurs demeure une question essentielle. En 2007, le Canada publiait Bien manger avec le Guide alimentaire canadien118, qui aide la population canadienne à faire des choix judicieux en matière de nutrition. Le Guide alimentaire, combiné à l’étiquetage nutritionnel obligatoire sur la plupart des aliments, représente la pierre angulaire des systèmes d’information nutritionnelle. Il reste encore des efforts à investir pour aider la population canadienne à utiliser les tableaux de Valeur nutritive et le Guide alimentaire, car elle ne suit pas toujours les conseils qui y sont indiqués; la preuve en est la sous-consommation de fruits et légumes119 et la surconsommation de certains nutriments comme les gras et le sel120. Les gouvernements fédéral et provinciaux, de concert avec les organismes de santé et l’industrie de l’alimentation, ont tous mis au point des ressources didactiques pour mieux diffuser l’information portant sur la nutrition. Certains intervenants croient que le gouvernement devrait promulguer des règlements pour limiter les nutriments « néfastes » pour la santé, alors que l’industrie est en faveur d’adopter des approches non obligatoires et a déjà entrepris des stratégies en matière de santé et de mieux-être. Par leurs choix alimentaires, les consommateurs jouent un rôle crucial dans l’orientation de la demande du marché. L’étiquetage nutritionnel permet aux consommateurs d’exercer leur droit de « choisir », bien que plusieurs ne soient pas suffisamment informés pour effectuer un choix éclairé. Le Canada dans le contexte mondial
Un autre sujet à l’étude au niveau international est l’étiquetage uniformisé sur le devant des emballages. Il faut toutefois souligner que les pays soutenant l’utilisation accrue d’un étiquetage uniformisé sont des pays qui n’ont pas de politiques d’étiquetage nutritionnel obligatoire. En conclusion, le Canada doit évaluer soigneusement les preuves selon lesquelles il est nécessaire de mettre en œuvre davantage de programmes et politiques en matière de nutrition, tant à l’échelle nationale qu’internationale. La sécurité alimentaireLe contexte canadien
Une analyse de l’apport alimentaire et nutritionnel a révélé que l’insécurité alimentaire est un indice des compromis que les adultes et les adolescents font en matière d’alimentation et, dans certains cas, ces compromis sont si importants qu’ils font augmenter le risque d’un apport nutritionnel insuffisant126. Le Canada dans le contexte mondial
Un rapport de la Chatman House130 prévoit que la demande alimentaire augmentera au cours des prochaines décennies puisque la population mondiale augmentera. D’ici 2050, on estime que la population mondiale comptera 9,2 milliards de personnes, et que cette croissance s’observera principalement dans les pays en développement (Figure 13)131. L’affluence croissante dans les pays en développement a fait augmenter d’autant la consommation d’aliments dont la production exige de nombreuses ressources. Par conséquent, la Banque mondiale prévoit que d’ici 2030, la demande mondiale de nourriture augmentera de 50 % et la demande mondiale de viande, de 85 %132. Cette augmentation de la demande, en plus des changements climatiques, de la sécurité énergétique, de la rareté de l’eau et de la concurrence pour l’utilisation des terres, porte les experts à croire que la sécurité alimentaire demeurera un enjeu pour les décennies à venir.
Faire preuve d’innovation dans tous les aspects d’une saine alimentationLe Canada a une solide expérience en R&D. Par conséquent, le Canada pourrait devenir chef de file en matière de mise au point et de promotion d’une vaste gamme de produits, de services, de procédés agricoles et agroalimentaires novateurs et de nouvelles variétés de plantes et de races d’animaux, qui contribueraient à la qualité nutritive, à la salubrité et à l’accessibilité des aliments. Le Cadre stratégique pour l’agriculture et la proposition de cadre stratégique Cultivons l’avenir insistent tous deux fortement sur l’importance de soutenir l’innovation. De plus, l’une des sept priorités de la Stratégie de science et d’innovation d’Agriculture et Agroalimentaire Canada133 consiste en l’« amélioration de la santé et du mieux-être humains grâce à la nutrition, à l’alimentation et à des produits novateurs », avec un souci particulier pour les aliments fonctionnels (un secteur clé du développement de produit et de la croissance du marché dans l’industrie de l’alimentation). Plus de 20 000 nouveaux produits alimentaires et boissons sont créés chaque année en Amérique du Nord, ce qui a porté le total en 2008 à plus de 120 000 produits créés à travers le monde (Figure 14)134. Ce nombre reflète tant l’intérêt des consommateurs pour de nouveaux produits que l’ingéniosité du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire dans la création de nouveaux produits. Le marché est propice à la mise au point de produits novateurs qui satisfont aux demandes en évolution des consommateurs pour plusieurs autres catégories d’aliments. Par exemple, à l’échelle mondiale, le nombre de produits biologiques et naturels créés est passé d’environ 3 000 à 8 000 entre 2005 et 2008135.
Figure 14 : Introduction de nouveaux aliments et boissons, par région : 2005-2008. Extrait de la présentation « Exploring Global Trends in Food » de Mintel International Group, 2009, diapositive 4. Copyright 2008 Mintel International Group. La reproduction a été autorisée. À ce jour, le principal instrument d’intervention de l’État pour stimuler l’innovation de l’industrie alimentaire canadienne est d’octroyer des subventions et des crédits d’impôt en R&D. Par ailleurs, les Réseaux de centres d’excellence du Canada réunissent des partenaires du milieu universitaire, de l’industrie, du secteur public et des organismes à but non lucratif de partout au pays. Le Réseau des aliments et des matériaux d’avant-garde (AFMNet), l’un des réseaux de centres d’excellence du Canada, est un exemple de partenariat national formé d’intervenants du milieu universitaire, de l’industrie, du secteur public et des organismes à but non lucratif. AFMNet se compose de 39 universités, de 35 entreprises et de 29 ministères gouvernementaux. Le gouvernement rend également possible la recherche grâce à Agriculture et Agroalimentaire Canada qui dirige 19 centres de recherche. On trouve des groupes de recherche travaillant à la mise au point de produits et de technologies de pointe dans presque chaque province. De plus, FoodTech Canada est un réseau de chefs de file en commercialisation de produits alimentaires d’un océan à l’autre. Son objectif premier est d’aider l’industrie à mettre sur le marché des aliments et des ingrédients bioactifs. La Stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pourrait être conçue de façon à optimiser ces initiatives dans une large mesure et à solutionner les problèmes majeurs auxquels l’industrie doit faire face. Dans le cadre d’une étude menée sur ces défis auprès des sociétés de l’industrie, celles-ci ont déterminé que les problèmes suivants avaient une incidence moyenne à élevée sur l’innovation : l’impossibilité de s’autofinancer (42,2 %); la longue période nécessaire pour mettre au point les innovations (37,4 %); le manque de souplesse des règlements et des normes (37,3 %); le manque de personnel qualifié (37,1 %); l’incapacité de commercialisation (36,3 %)136. Une approche viable sur le plan social, économique et environnementalAu-delà de l’innovation dans le secteur agricole et agroalimentaire, la Stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire favoriserait d’autres innovations dans les domaines commercial, social et de la santé. Son but serait d’assurer que l’offre alimentaire et la demande des consommateurs pour des produits sains, nutritifs et accessibles se traduisent par une alimentation saine pour tous, d’une manière qui soit viable sur les plans social, économique et environnemental. Au Canada, « améliorer l’environnement et la santé des Canadiens » est une des priorités du discours du Trône de 2007137. Le lien entre la santé et l’environnement dans le domaine de la production alimentaire est particulièrement ténu en ce qui concerne les changements climatiques, les biocarburants, et ainsi de suite. La Stratégie de développement durable d’Environnement Canada (2007-2009)138 comporte des objectifs qui visent à la fois la qualité de l’environnement (qualité de l’air, qualité de l’eau, réduction des émissions de gaz à effet de serre) et le développement durable (collectivités durables, développement durable et utilisation des ressources naturelles et gouvernance pour soutenir le développement durable). Ces trois grandes composantes du développement durable guideraient la sélection et la formulation de tous les leviers de changement faisant partie de la Stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire. La stratégie pourrait également renforcer les valeurs et perceptions déjà bien ancrées des Canadiens et Canadiennes concernant les liens unissant la santé, l’agriculture, l’agroalimentaire et l’environnement. Pour nourrir la réflexion : les leviers de changementAméliorer les systèmes de traçabilité pour mieux gérer les risques en matière de sécurité alimentaire et pour ouvrir le marché Le Canada, comme plusieurs autres pays, améliore constamment son système de salubrité alimentaire devant les nouveaux enjeux en la matière. Le cadre stratégique Cultivons l’avenir et le Plan d’action pour assurer la sécurité des produits alimentaires et de consommation contiennent une série de programmes reliés à la salubrité alimentaire. Ces nouveaux programmes reçoivent un appui considérable de la part de l’industrie, de la société civile et de tous les paliers de gouvernement. Plusieurs pays s’efforcent d’améliorer les divers éléments de leurs systèmes de salubrité alimentaire. L’industrie canadienne doit faire preuve d’innovation afin de maintenir le rythme et de préserver sa capacité à exporter des produits à ces pays. La traçabilité est l’un de ces éléments. Au Canada, on a commencé à élaborer un système national de traçabilité, mais à ce jour, le Québec est la seule province dotée d’un tel système. Les ministères de l’Agriculture aux niveaux fédéral et provincial ont récemment renouvelé leur engagement à mettre sur pied un système national de traçabilité pour la volaille et le bétail.139 Le secteur des produits agricoles a lui aussi annoncé récemment l’élaboration d’un programme de traçabilité des fruits et légumes mené par l’industrie et fondé sur le volontariat. À l’étranger, l’Union européenne a mis en œuvre un système de traçabilité obligatoire (Track and Trace)140 pour certains produits alimentaires à risque élevé. Dans sa stratégie Cultivons l’avenir, le Canada s’est engagé à assurer une reprise rapide des affaires à la suite d’incidents reliés à la salubrité alimentaire. Cet engagement repose sur la constante amélioration de la traçabilité de la viande et de la volaille, amélioration qui rassurera aussi les partenaires commerciaux puisque les produits canadiens satisferont aux exigences en matière d’exportation. Les mesures que prend le Canada pour améliorer la traçabilité ne doivent pas se limiter à la salubrité des aliments et du bétail; d’autres initiatives devraient être prises pour soutenir la recherche, la technologie et la mise en œuvre de programmes. Un système de traçabilité de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement sert actuellement à satisfaire non seulement aux exigences en matière de salubrité des aliments, mais aussi à garantir aux consommateurs qu’ils peuvent faire confiance à l’étiquetage portant des allégations sur d’autres attributs tels que les produits « sans hormones », « sans antibiotiques », « cultivés dans la région » ou « de commerce équitable ». Cette traçabilité représente une tendance mondiale qui peut constituer un nouveau créneau pour les produits canadiens. Toutefois, ce succès dépend de la capacité du Canada à démontrer que les aliments qu’il produit possèdent les attributs souhaités, qu’ils soient biologiques, étiquetés « obtenus par des méthodes durables » ou « sans antibiotiques ». De plus, comme le Canada a démontré sa compétence en matière d’innovation dans les domaines des animaux d’élevage, des produits laitiers et d’autres produits alimentaires, il peut se mesurer aux autres pays ou régions et faire bonne figure en ce qui a trait à la production d’ingrédients et d’aliments qui répondent aux goûts spécifiques des consommateurs. En conclusion, le Canada – grâce à sa solide infrastructure de gestion de l’information – peut accéder à ces nouveaux marchés ou créneaux par la combinaison d’innovations et d’investissements dans la traçabilité tout au long de sa chaîne de valeur. Adopter une approche systémique pansociale visant à augmenter l’offre et la demande de fruits et de légumes La réduction des taux d’obésité et de carences en micronutriments ainsi que l’atténuation de leurs conséquences sur la santé grâce à la consommation de 5 à 10 portions de fruits et légumes par jour épargneraient au système de soins de santé des sommes considérables en coûts directs et indirects. Ce levier d’intervention fait donc appel à l’ensemble de la société dans un effort pour encourager la consommation de quantités suffisantes de fruits et légumes afin de favoriser une meilleure santé. Au Canada, les efforts visant à augmenter la demande des consommateurs pour les fruits et légumes doivent aussi solliciter le secteur horticole, qui a la possibilité de combler la demande des consommateurs pour des fruits et légumes de qualité, abordables et accessibles. Jusqu’ici, la principale initiative pour promouvoir les fruits et légumes a été la campagne 5 à 10 par jour, un programme de marketing social et d’éducation en milieu scolaire instauré partout dans le monde qui a démontré qu’il pouvait modifier efficacement les habitudes individuelles en ce qui concerne la consommation de fruits et légumes141. Au Canada, le programme est mené par l’Association canadienne de la distribution de fruits et légumes et est appuyé par la Fondation des maladies du cœur du Canada et la Société canadienne du cancer. La première composante de ce levier de changement serait de trouver de nouvelles façons d’obtenir les ressources financières nécessaires pour étendre le programme, particulièrement au segment plus vulnérable de la population. Alors que l’offre de fruits et légumes est demeurée relativement stable au cours des dernières décennies, leur prix relatif a toutefois augmenté (Figure 15)142. La stratégie intégrée devra franchir un très grand nombre de barrières à cet égard, en commençant par le prix des fruits et légumes par rapport au prix d’autres collations et repas.
Figure 15 : Vente au détail des fruits et légumes. Source : USDA ERS FoodReviews, vol. 25, no 3. Prix convertis en dollars indexés. Les produits horticoles canadiens sont de très haute qualité. Pourtant, l’industrie canadienne de l’horticulture subit une rude concurrence et de fortes pressions comparativement aux autres économies en croissance, particulièrement les États-Unis – qui est à la fois son principal marché et son plus féroce concurrent. Ces pressions sont principalement attribuables aux facteurs suivants : la hausse des coûts de production, l’augmentation de la concurrence, la forte réglementation du marché (en matière de salubrité alimentaire, de normes environnementales, de politiques fiscales, etc.), les difficultés d’entreposage et de transport, les transactions à petite échelle, la fragmentation du secteur, le faible rendement de la chaîne de valeur et les restrictions de la publicité des produits. L’innovation en matière de produits et de technologies peut offrir un avantage supplémentaire sur la concurrence, mais elle ne doit jamais entraver la satisfaction des demandes des consommateurs pour des produits nouveaux et pratiques (p. ex. salade en sac, produits prélavés et coupés, etc.). Voici d’autres exemples d’innovations technologiques : l’investissement dans l’équipement de réfrigération; de nouvelles technologies pour l’entreposage en atmosphère contrôlée; le recours accru à l’irrigation pour améliorer la texture des produits; et l’innovation qui prolonge la saison de vente grâce aux investissements dans l’entreposage, la réfrigération préalable à l’entreposage, etc. L’innovation doit aussi se manifester aux niveaux stratégique et organisationnel des entreprises horticoles afin de soutenir et de promouvoir davantage la recherche et le développement. Il est évident que des innovations sont nécessaires à des points bien précis au fil de la chaîne de valeur des fruits et légumes. De plus, il est impératif de faire preuve d’innovation au niveau systémique si le Canada souhaite réaliser les changements voulus à l’échelle et à la vitesse escomptées. La Commission européenne a récemment établi de nouveaux barèmes pour une approche systémique dans la promotion des fruits et légumes. Dernièrement, elle a remanié l’organisation commune des marchés pour créer une synergie entre les mesures et les interventions de la Politique agricole commune (PAC). Cette synergie, bien qu’elle ne soit pas directement liée au secteur horticole (c’est-à-dire l’aménagement, le commerce et l’environnement ruraux) pourrait en influencer le développement. L’objectif était de stimuler l’offre et la demande de fruits et légumes en contribuant à une meilleure répartition des ressources économiques et du pouvoir au fil de la chaîne de valeur. Cette réforme a introduit le régime de paiements découplés, qui encourage l’orientation commerciale des producteurs agricoles tout en leur garantissant un revenu minimum. De plus, cette réforme aide les producteurs à gérer les crises à court terme et encourage la coopération avec les producteurs ne faisant pas partie de l’UE, tout en soutenant les relations interprofessionnelles (rehaussant ainsi de façon radicale le potentiel de réussite de l’initiative)143. Cette nouvelle politique illustre à merveille combien une stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire pourrait inspirer le plan d’action du Canada. Stimuler l’offre et la demande d’aliments transformés au profil nutritionnel et calorique amélioré
Comme ce document en faisait mention plus haut, le ministère fédéral de la Santé a récemment formé un groupe de travail multilatéral pour élaborer une stratégie visant à réduire le sel de l’approvisionnement alimentaire canadien. De même, l’Union européenne a récemment fait de la réduction de sel dans l’approvisionnement alimentaire sa priorité absolue et a lancé le Groupe de haut niveau sur l’alimentation et l’activité physique145. Toutefois, le gouvernement des États-Unis n’a pas encore placé la réduction de sel sur sa liste de priorités; et bien que l’Institute of Medicine des États-Unis travaille en ce moment sur un ensemble de recommandations visant à réduire le sel de l’approvisionnement alimentaire, ces recommandations n’engageront en rien le gouvernement ni l’industrie146. Le secteur de l’agroalimentaire (transformation des aliments) a investi beaucoup de temps et d’énergie dans la découverte d’huiles plus saines, en réponse à la nécessité de réduire les gras trans de l’approvisionnement alimentaire canadien. Il faut tirer d’importantes leçons de cet accomplissement, particulièrement dans le contexte de réduction de la teneur en sel, car cela nécessitera probablement une plus longue période de transition afin de résoudre des questions complexes concernant la durée de conservation et la salubrité des aliments. De plus, les consommateurs devront modifier graduellement leur goût pour le sel. Il faut poursuivre la recherche et le développement pour mettre au point de nouveaux additifs à faible teneur en sel qui préservent le goût tout en assurant la salubrité alimentaire. En outre, le défi que représentent la recherche et le développement de nouveaux additifs à teneur réduite en sel ne sera pas facile à relever par un pays comme le Canada, qui devra se doter d’une stratégie pour rallier les autres pays à prendre part à cet exercice technologique. D’autres éléments nutritifs auraient avantage à améliorer leur profil nutritionnel, notamment le sucre (réduction) et les fibres (augmentation), particulièrement des grains entiers. D’autres éléments de l’approvisionnement alimentaire auraient aussi à gagner à adopter des profils nutritifs plus sains. Mentionnons à titre d’exemple la réduction du sucre et l’augmentation de fibres, particulièrement des grains entiers. De récentes études147 démontrent que les consommateurs américains ont augmenté leur consommation de grains entiers. Cette augmentation n’est toutefois pas attribuable à une prise de conscience, mais à la plus grande offre d’aliments transformés contenant des grains entiers. Les compagnies préparent des produits pour répondre aux stratégies en matière de santé et de mieux-être et pour se conformer aux recommandations du programme américain MyPyramid148, qui prescrivent une plus grande consommation de grains entiers. Une variété de mécanismes d’intervention peut être mise à profit pour stimuler la demande d’aliments plus sains. À la lumière du succès qu’a connu la campagne anti-tabac, les villes et les pays du monde entier considèrent de plus en plus d’imposer une taxe sur les aliments à faible valeur nutritionnelle ou d’accorder un rabais ou une subvention pour promouvoir les aliments à haute valeur nutritionnelle. Ces mesures ciblent directement soit la catégorie d’aliment soit la valeur nutritive. Par exemple, le commissaire à la santé de New York a récemment soumis une proposition de taxe basée sur la faible valeur nutritive, après le rejet par l’État d’une première tentative d’imposition d’une taxe basée sur la catégorie d’aliment149. Des lois qui régissent les différentes pratiques commerciales, comme la disposition sur les tablettes, ont également été adoptées. Reste à voir si de telles mesures se traduiront par des améliorations notables en matière de santé. Jusqu’ici, les preuves dont on dispose proviennent de simulations hypothétiques, dont la valeur scientifique, en l’absence de données réelles, est aussi valable que les hypothèses tirées d’un modèle. L’estimation empirique minutieuse de l’impact que ces nouveaux mécanismes d’intervention et approches auront sur la santé et l’économie pourrait constituer la priorité de ce levier de changement si cette avenue est explorée par les experts en la matière. Améliorer l’alimentation et simplifier la réglementation régissant les aliments fonctionnels, les nutraceutiques et les produits de santé naturels
Le Canada pourrait agir à titre de leader mondial dans le domaine des aliments fonctionnels, des nutraceutiques et des produits de santé naturels. Une étude basée sur la croissance mondiale a été menée récemment et a indiqué que, simplement en conservant sa part de marché actuelle, le secteur des aliments fonctionnels, des nutraceutiques et des produits de santé naturels avait le potentiel de doubler ses revenus, passant de 3 à 6 milliards de dollars d’ici 2010 et pourrait atteindre 12 milliards de dollars par année150. Toutefois, plusieurs défis restent à relever pour permettre une telle croissance. Le gouvernement a la responsabilité d’assurer la protection des consommateurs contre les aliments fonctionnels et les produits de santé naturels insalubres, et il exerce ce rôle en appliquant des lois. Toutefois, le gouvernement joue aussi un autre rôle important : assurer que la réglementation va dans le même sens que les orientations stratégiques du secteur des aliments fonctionnels et des nutraceutiques. Plusieurs rapports151 ont révélé que l’absence d’une réglementation canadienne réceptive et moderne fait obstacle à la croissance de ce secteur. L’Institut canadien des politiques agroalimentaires (ICPA) a entrepris une étude sur l’élaboration d’un cadre stratégique de réglementation pour le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire. L’étude tentait de déterminer si le Canada est doté d’un cadre stratégique intégré réceptif et moderne pour la réglementation en matière d’agroalimentaire et se conclut en proposant une voie d’avenir. Une des priorités examinées dans cette étude est le cadre stratégique de réglementation pour les allégations santé. Le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire a reconnu que les produits novateurs représenteraient des occasions d’améliorer la santé tout en créant de nouveaux marchés. Pourtant, on passe à côté de telles occasions dans le domaine des aliments fonctionnels. Par exemple, au Québec, seulement 10 % des produits transformés sont des produits « différenciés » (produits qui ont été transformés pour offrir une valeur ajoutée)152. Pourtant, le Québec, en tant que pilier de la production laitière au Canada, aurait le potentiel d’offrir des produits laitiers différenciés dotés d’une fonctionnalité ajoutée. Il en va de même pour les autres types de produits, comme le bétail et les céréales, pour lesquels il est possible d’ouvrir de nouveaux « marchés de créneau ». Les fabricants de produits alimentaires pourraient indiquer aux chercheurs les tendances des consommateurs et les exigences en matière de transformation des aliments pour aider la recherche de nouvelles fonctionnalités ou de nouveaux ingrédients. Cette aide permettrait la création de produits faciles à mettre en marché. Une stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire impliquerait la résolution d’enjeux encore plus importants, tels que l’accès à des marchés de capitaux et aux ressources humaines. La Stratégie Nutri-Net Canada se penche sur les débouchés favorables et les défis qui se présentent au secteur et les raisons qui motivent l’élaboration d’un plan stratégique pour assurer sa viabilité et sa croissance153. Favoriser la consommation d’aliments canadiens grâce à la mise en place et à la promotion d’un régime alimentaire canadien
Ce levier propose de mettre en place un régime alimentaire canadien qui pourrait devenir aussi populaire que d’autres régimes régionaux, tel que le régime méditerranéen, et qui pourrait non seulement améliorer la santé, mais aussi produire des résultats positifs sur les sens ainsi que sur la société et la culture proprement canadiennes. Le secteur canadien de l’agriculture et de l’agroalimentaire prépare ou met sur pied des stratégies sectorielles (Soy 20/20154, Flax Canada 2015155, la Stratégie canadienne pour les AF-PSN de Nutri-Net Canada et le projet The Pulse Innovation Project: Growing Pulse Markets156) ayant pour but de promouvoir et d’augmenter la consommation de ces produits agroalimentaires canadiens au sein du régime alimentaire des Canadiens et des Canadiennes. Ce levier de changement se base sur une initiative semblable lancée récemment par la Nordea Bank en Scandinavie, une étude de cinq ans ayant pour but de mettre au point un régime alimentaire et d’en faire la promotion auprès des familles et des restaurateurs du Danemark157. Le nouveau régime alimentaire nordique158 s’inspire de la popularité du nouveau mouvement de cuisine nordique et de la réputation internationale des chefs nordiques. Ce régime sera bâti en fonction des aliments locaux (comme le chou, le poisson, les fruits sauvages locaux, l’avoine et le seigle) et sera basé sur un important apport en poissons abordables, comme le hareng, le maquereau, le saumon et la truite. Il faudra un an et demi pour mettre au point le nouveau régime alimentaire nordique; celui-ci nécessitera un processus grâce auquel des experts en nutrition, en gastronomie, en défense des consommateurs, en sociologie et en économie se réuniront pour décider des éléments de base du régime. Cent des meilleurs chefs nordiques sont invités à apporter leurs idées de recettes, qui seront ensuite testées par 1 000 foyers. De plus, on projette que le régime sera introduit par le biais d’un programme scolaire. Le défi d’augmenter la consommation de produits canadiens se situe dans deux domaines précis : d’abord, afin de pouvoir émettre des allégations santé conformes à la réglementation, des recherches doivent être menées afin de prouver les bienfaits de ces aliments pour la santé; ensuite, les consommateurs doivent être sensibilisés quant à ces aliments. Par exemple, même s’il est permis d’affirmer depuis cinq ans au Canada qu’« une alimentation saine riche en fruits et légumes peut réduire les risques d’apparition de certains cancers », la population canadienne ne consomme toujours pas assez de ces aliments. Il est nécessaire d’investir massivement dans la recherche, le développement et la recherche clinique pour fonder les allégations santé, puis de se servir de ces travaux pour diffuser des messages publicitaires qui inciteront les Canadiens à demander, à choisir et à consommer ces produits alimentaires canadiens. Par exemple, une étude est en cours dans le but de justifier des allégations selon lesquelles l’avoine et l’orge sont une source de bêta-glucanes, une fibre soluble qui peut contribuer à prévenir le diabète en diminuant le taux de glycémie. Une hausse de la consommation de bêta-glucanes, tout comme une augmentation de la consommation de fruits et légumes, nécessitera une approche multilatérale, impliquant l’éducation, la commercialisation de produits et une meilleure connaissance de la part des professionnels de la santé des bienfaits potentiels de ces produits pour les patients atteints de diabète. Promouvoir la technologie, l’innovation économique et sociale ainsi que l’entrepreneuriat afin d’améliorer les liens entre les petits producteurs agricoles, les entreprises alimentaires locales et les communautés Le chapitre 2 du présent document révèle que plus de 60 % des fermes canadiennes sont considérées comme petites (moins de 400 acres) et que plus de 20 % d’entre elles produisent un revenu annuel de moins de 10 000 $. Les petites fermes constituent une des composantes les plus problématiques du secteur agricole en ce qui a trait à la croissance de la productivité et à la rentabilité. Un meilleur équilibre entre l’aménagement rural et urbain est l’un des plus grands défis de rentabilité reliés à l’agriculture, au transport et à la consommation auxquels le Canada et les autres pays doivent aujourd’hui faire face. On note un intérêt grandissant pour les produits alimentaires locaux, puisque ceux-ci peuvent à la fois promouvoir la santé, la nutrition et la prospérité du secteur agricole et agroalimentaire local, et assurer la sécurité alimentaire locale. Plusieurs villes ont mis en place des politiques d’alimentation locale (p. ex. Seattle159, Toronto160, etc.) et plusieurs provinces, notamment la Colombie-Britannique, incorporent à leurs stratégies agricoles des approches sur les aliments locaux. Un premier pas serait de procéder à un inventaire systématique des programmes d’alimentation locale existants et de leurs résultats sur la santé et l’économie, en plus d’examiner la possibilité de les réutiliser dans un autre contexte et de les y adapter. La plupart des politiques concernant l’alimentation locale offrent la chance aux petits producteurs locaux de vendre leurs produits dans divers milieux : dans les marchés d’alimentation locaux, dans les institutions gouvernementales comme les hôpitaux et les écoles par le biais de plans d’achat, ou par le biais d’autres programmes de santé publique (comme ceux qui fournissent des fruits et des légumes aux enfants dans les écoles locales). Dans le contexte de la stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire, 75 % des revenus des fermes maraîchères en 2006 provenaient des fermes avec un revenu de moins de 100 000 $ (comparativement à 10 % pour les fermes laitières) (Tableau 3, Annexe 5). Ces initiatives relatives à l’alimentation locale pourraient améliorer la source de revenus des petits producteurs de fruits et légumes, tout en permettant d’atteindre un important objectif en santé publique. De plus, la promotion des produits spécialisés locaux auprès des restaurants permet d’augmenter la demande de produits régionaux tant à l’échelle locale que mondiale. Notamment, la promotion des produits alimentaires locaux peut engendrer des bienfaits qui vont au-delà des impacts directs sur la santé et l’économie, particulièrement lorsque l’emplacement des marchés est choisi avec soin afin de répondre à un besoin en services d’alimentation ou lorsque l’organisation des marchés locaux se fait en fonction des institutions acheteuses (hôpitaux, écoles, etc.) et qu’elle permet de garnir les carnets de commande à long terme. Le Plan agricole de la Colombie-Britannique comprend des idées qui pourraient servir à élaborer une stratégie intégrée en matière de santé et d’agroalimentaire, car il a pour but : de renforcer les relations entre les marchés d’agriculteurs et les systèmes d’alimentation communautaires – sur le plan des infrastructures, de la logistique et de l’éducation; d’encourager la vente directe des produits agricoles, l’agriculture familiale et communautaire, etc.; de réunir les efforts des fermes, des écoles et des communautés afin d’améliorer la santé des enfants; d’aider les agriculteurs à résoudre les questions de ressources humaines et d’entrepreneuriat et à assumer leurs autres fonctions administratives; de préserver les terres agricoles; et de faire la promotion des produits agricoles et agroalimentaires au niveau local et provincial. Le cadre albertain pour l’innovation Making the Food-Health Connection [Établir le lien entre l’alimentation et la santé]161 propose non seulement d’établir le lien entre les agriculteurs locaux et les entreprises alimentaires locales, mais aussi d’attirer les entreprises locales qui pourraient mettre en marché des ingrédients et des aliments aux qualités nutritionnelles améliorées. Enfin, ce levier de changement pourrait créer des liens entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement, et ce, dans le but de partager des approches novatrices pouvant faire en sorte d’augmenter la participation des petits producteurs aux chaînes de valeur locales et mondiales. En Inde, par exemple, la coopérative laitière Amul regroupe 2,2 millions d’agriculteurs en provenance de 10 755 villages et compte plus de 3 000 centres de collecte partout en Inde. Cette coopérative a mis au point une infrastructure logistique novatrice qui permet aux femmes de venir porter chaque jour, matin et soir, un total de 6,4 millions de kilogrammes de lait162. Cette coopérative génère maintenant des recettes de 840 millions de dollars, dont 30 millions de dollars en exportations. Les petits agriculteurs du Canada y gagneraient sans doute si une chaîne de valeur et un marché novateurs semblables étaient intégrés ici, ce qui pourrait également contribuer à améliorer la santé dans les communautés comme à l’échelle nationale et mondiale. Encourager l’innovation et l’accès aux marchés situés au bas de la pyramide afin d’obtenir des produits agricoles et des produits transformés salubres, abordables et au faible bilan de carbone
Figure 16 : Évolution de la sous-alimentation dans le monde. D’après la présentation du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, octobre 2008, lors de la 34e session de l’Évaluation de la situation mondiale en matière de sécurité alimentaire et de nutrition, p. 4. Copyright 2008 Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. La reproduction a été autorisée. Par exemple, l’évolution des besoins alimentaires mondiaux a créé des débouchés pour l’industrie canadienne des légumineuses à grain. Depuis le début des années 1990, la production canadienne de légumineuses a quadruplé, passant de moins de 1 million de tonnes en 1991 à plus de 4,8 millions de tonnes en 2008. Les exportations ont quant à elles quintuplé au cours de la même période, pour atteindre 3,5 millions de tonnes. Cette augmentation a fait du Canada un leader mondial dans la production de légumineuses, avec environ 10 % de la production mondiale de légumineuses et près de 40 % de la part de marché mondiale167. L’industrie canadienne a réussi à conquérir une part importante du marché des légumineuses dans le monde. Par exemple, le Canada est le plus grand fournisseur de légumineuses en Inde – le plus important marché au monde – répondant à près de 50 % de la demande d’importation en légumineuses de ce pays. Étant donné que la malnutrition est un problème persistant en Inde, en Chine, dans plusieurs autres pays d’Asie, ainsi qu’en Afrique (Figure 16), le Canada peut jouer un rôle important dans la sécurité alimentaire de ces pays en mettant en place les mesures nécessaires pour s’approprier ce que l’on appelle les marchés du bas de la pyramide, et ce, de façon rentable, grâce à l’innovation afin de conquérir une plus grande part du marché des légumineuses.
En mettant au point et en œuvre le Guide alimentaire canadien – et en rendant obligatoire l’étiquetage nutritionnel – le gouvernement a pris les grands moyens pour mettre à la disposition des consommateurs les renseignements essentiels sur la nutrition. La santé, et plus particulièrement la nutrition, est peut-être le sujet pour lequel les consommateurs demandent et reçoivent le plus d’information. À preuve, le Guide alimentaire canadien est la publication du gouvernement fédéral la plus en demande après le formulaire d’impôt. La plus récente version du Guide alimentaire a été traduite en dix langues outre le français et l’anglais. Puisque les consommateurs réfléchissent rarement à leurs habitudes d’achats alimentaires168, il est probable que de placer des informations pertinentes dans les lieux d’achat ou de consommation aurait une grande influence sur les consommateurs. En plus de l’étiquetage nutritionnel, l’étiquetage uniformisé sur le devant des emballages et les régimes alimentaires organisés par tablettes ont été mis en place au Canada et dans d’autres pays. En se basant sur différents critères nutritionnels et caloriques, les fabricants et les supermarchés ont mis en place différents programmes de type « meilleur pour votre santé » (les programmes Smart Choice169, de General Mills, Coca-Cola, et Unilever USA; les Menus bleus du Choix du président170, de Loblaws; le programme Guiding Stars Nutrition Program171, de Hannaford Brothers Company). Peu d’études officielles ont été menées sur l’impact de telles initiatives sur les choix des consommateurs et sur les ventes de produits. Toutefois, un changement mesurable et notable semble s’être produit en ce qui a trait à la valeur nutritive et à la teneur en calorie des produits offerts et, plus important encore, en ce qui a trait à l’orientation stratégique donnée en R&D, en innovation de produits et en développement de marché. D’autres pays ont également mis de tels programmes en place. Le Royaume-Uni a adopté un système se basant sur les feux de circulation pour aider les consommateurs à faire des choix alimentaires plus sains. Ce système est implanté par plusieurs fabricants et détaillants. L’Union européenne s’est penchée sur plusieurs approches concernant le profil nutritionnel et l’étiquetage uniformisé sur le devant des emballages. Aux États-Unis, la Keystone Foundation a récemment dirigé un groupe de fabricants et de détaillants de premier plan dans le but de mettre en place un système consensuel d’étiquetage sur le devant des emballages à l’aide d’un logo simple utilisé dans tout le pays172. Il est trop tôt pour déterminer si l’industrie adoptera le logo proposé par la Keystone Foundation et si celui-ci aura des effets positifs sur la santé. Toutefois, il semble qu’une approche simplifiée comme celle-ci permet de réduire la confusion chez les consommateurs. Au cours de la conception de ce levier, on devrait d’abord lancer un processus visant l’obtention d’un consensus auprès des organismes qui ont mis au point des systèmes d’information sur la santé au Canada. Contrairement à plusieurs autres pays, le Canada impose l’étiquetage nutritionnel et s’est également doté de lignes directrices nationales en ce qui concerne la nutrition. C’est pourquoi il serait essentiel d’évaluer si un nouveau système d’étiquetage uniformisé sur le devant des emballages à l’échelle nationale générerait des résultats positifs sur la santé plus importants que ceux de l’étiquetage nutritionnel et des lignes directrices actuels. Dans l’industrie de la restauration, l’étiquetage nutritionnel et calorique inséré dans les menus est devenu une source de vives discussions. Aux États-Unis, quelques villes et États ont rendu obligatoire l’étiquetage d’aliments servis dans les restaurants. On compte parmi ces villes Portland, Philadelphie et New York, alors que les États de la Californie et du Maine en sont à l’étape de la formulation de propositions. Les premières évaluations effectuées dans la ville de New York indiquent que les consommateurs sont influencés par les informations qui leur sont transmises. Dans un petit sondage effectué auprès de 270 New-Yorkais, 86 % ont déclaré être surpris par l’information sur la teneur en calories et 82 % ont déclaré que cela les pousserait à changer leurs habitudes et à opter pour des aliments à teneur moins élevée en calories173. Toutefois, cette initiative d’étiquetage dans les restaurants demeure à petite échelle et aucune vaste étude d’impact n’a encore été menée. Accroître la participation à cette initiative – par des mesures volontaires ou obligatoires – signifierait que les employés de restaurants devraient dorénavant recevoir une formation sur les informations sur la valeur nutritive et la teneur en calories. Encourager les politiques et les pratiques novatrices concernant l’éducation à la maison, dans les écoles et dans les établissements de soins de santé
Les stratégies éducatives peuvent avoir un effet immédiat chez les enfants et influencer, à long terme, leurs comportements alimentaires. On reconnaît généralement que les parents et le milieu scolaire jouent un rôle de premier plan dans le façonnement du comportement des enfants. Ces influences sont essentielles pour créer un environnement qui encourage les enfants à développer une préférence marquée pour les aliments nutritifs, et ce, à long terme. Bien que l’influence des parents et du milieu scolaire soit un fait généralement reconnu, les politiques et les pratiques en matière d’éducation nutritionnelle ont grand besoin d’une approche plus novatrice. En ce qui concerne ce levier, il serait particulièrement efficace d’augmenter la proportion de ressources en santé vouée à l’éducation et à la sensibilisation afin de faire la promotion d’une alimentation saine dans le milieu de la santé. En fait, le rapport du Milken Institute, mentionné plus tôt dans ce document, recommande d’apporter des changements novateurs aux incitatifs et aux pratiques dans le but d’augmenter la portion de temps que les professionnels de la santé allouent à l’éducation et à la sensibilisation. Nous avons mentionné plus haut que seulement 6 % du budget en santé est consacré à la santé publique, qui comprend les programmes d’éducation et de marketing social. Par conséquent, le secteur de la santé pourrait contribuer davantage à stimuler la demande des consommateurs pour des aliments nutritifs. Encourager les politiques et les pratiques novatrices dans le secteur du marketing social et commercial
De l’avis général, des limites doivent être établies en ce qui a trait à la publicité destinée aux enfants. Toutefois, aucun accord ne détermine le niveau de ces restrictions ni leurs modalités, ni si ces restrictions doivent être régies par des mesures obligatoires ou autogérées. L’industrie et certains gouvernements ont commencé à agir dans ce dossier, à la suite des recommandations émises par l’OMS, lesquelles étaient basées sur de nouvelles recherches démontrant que la publicité est liée à l’obésité. Neuf gouvernements étrangers ont déjà mis en place (deux en sont au stade de la proposition) des lignes directrices ou des réglementations pour limiter la publicité à l’intention des enfants. Trois autres gouvernements, dont celui du Canada, ont mis en œuvre des approches en collaboration avec l’industrie. L’industrie a également mis en place des programmes volontaires dans plusieurs pays, dont le Canada. Ce levier de changement pourrait s’ajouter aux initiatives existantes afin de mieux évaluer l’efficacité individuelle et conjointe de divers mécanismes d’intervention obligatoires et volontaires en lien avec la publicité. L’adoption de mesures supplémentaires pourrait s’avérer particulièrement efficace au Canada, où l’on retrouve déjà des mesures obligatoires en matière de publicité comme l’étiquetage nutritionnel et des programmes volontaires mis en place par l’industrie. Des innovations dans les politiques et les pratiques devraient également prendre en compte la compétence partagée entre les autorités fédérales, provinciales et municipales du secteur. Les innovations en matière de politiques et de pratiques profiteraient également au secteur du marketing social (p. ex. tactiques de persuasion soigneusement ciblées utilisées en marketing au service du bien commun). Ces innovations pourraient servir à améliorer certaines initiatives, telles que Long Live Kids (LLK)175. Le programme LLK a été mis sur pied et est maintenant géré par Canadian Children’s Advertisers (CCA), un organisme formé de chefs de file dans les domaines de l’alimentation et des médias, en partenariat avec la société civile et des organismes publics du secteur de la santé et de l’éducation (comme les Clubs garçons et filles du Canada, les Diététistes du Canada, le YMCA Canada, etc.). Le LLK a créé des commerciaux scientifiques d’intérêt public s’adressant à un public jeune. Ces messages ont été diffusés partout au Canada, dans les médias électroniques et papier. Le LLK a également mis en place un programme éducatif offert aux éducateurs, aux parents et aux leaders communautaires afin de leur fournir les outils pour combattre l’obésité. Même si on n’a pas mesuré les impacts de cette initiative sur les comportements ni ses bienfaits pour la santé, l’efficacité publicitaire de cette campagne, d’une année à l’autre, est de loin supérieure à celle d’une campagne de marketing social régulière176. Depuis quelque temps déjà, le matériel didactique préparé par le LLK est intégré au curriculum provincial dans plusieurs écoles du Canada. En conclusion, il est important de songer à améliorer les pratiques – par le biais de leviers de changement politiques – qui incitent les intervenants à investir davantage de ressources dans cette question. Ce faisant, il serait possible d’augmenter considérablement la quantité de ressources consacrées à la promotion d’une alimentation saine.
|
| Accueil | À propos | Publications | Événements | Nous joindre | Nouvelles | English |
| © L'Institut canadien des politiques agro-alimentaires |